En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
4 794.37 PTS
-
4 812.00
-
SBF 120 PTS
3 821.84
-
DAX PTS
10 918.62
-0.12 %
Dowjones PTS
24 370.10
+0.67 %
6 718.45
+0.75 %
1.139
+0.05 %

Afghanistan: l'eau commence à manquer à Kaboul

| AFP | 243 | Aucun vote sur cette news
Un homme porte des bidons d'eau dans une rue de Kaboul, le 25 octobre 2018 en Afghanistan
Un homme porte des bidons d'eau dans une rue de Kaboul, le 25 octobre 2018 en Afghanistan ( WAKIL KOHSAR / AFP )

Dans la cour de sa maison au centre de Kaboul, Baz Mohammad Kochi supervise le forage d'un nouveau puits à plus de 100 mètres de profondeur. Celui dans l'arrière-cour, moins profond, est à sec comme de nombreux autres dans la capitale afghane.

Seuls quelques quartiers de Kaboul sont connectés à un réseau municipal de distribution d'eau potable. Les habitants qui n'y ont pas accès doivent assurer eux-mêmes leur approvisionnement en eau en creusant un puits, souvent partagé entre voisins.

Comme le manque de précipitations ces derniers hivers en Afghanistan n'a pas permis de recharger les nappes phréatiques, partout dans Kaboul des foreuses perforent à tout-va le sous-sol pour puiser de plus en plus profondément. Et les récentes chutes de neige n'y changent rien.

"Le niveau a tellement baissé qu'il faut aujourd'hui atteindre d'autres bassins souterrains à 100 mètres, voire 120 mètres" de profondeur, explique Mohammad Aman, perçant sans difficulté la terre ocre avec une foreuse vétuste.

Une étude réalisée en amont d'un vaste projet public de recharge artificielle de l'aquifère à Kaboul (KMARP) a démontré que, selon les endroits, le niveau des nappes phréatiques avait diminué parfois de 40 mètres en quelques années.

Des Afghans travaillent sur un puits, le 14 novembre 2018 à Kaboul
Des Afghans travaillent sur un puits, le 14 novembre 2018 à Kaboul ( WAKIL KOHSAR / AFP )

"Le taux d'extraction de l'eau souterraine est plus rapide que le taux de recharge naturel en raison de périodes de précipitations inférieures à la moyenne et d'une consommation d'eau accrue par la population croissante de Kaboul", explique la compagnie étatique de distribution d'eau et d'assainissement (AUWSSC): "80 millions de mètres cubes d'eau sont extraits chaque année du sous-sol de Kaboul alors que la recharge naturelle n'est en moyenne que de 44 millions de m3."

La compagnie n'alimente que 68.000 habitations dans la capitale, soit environ 20% de sa population. L'eau provient de bassins situés en périphérie de la ville.

"Ne pas gaspiller l'eau"

Ceux qui puisent de l'eau profonde font face à un problème de taille: "70% de l'eau souterraine de la capitale n'est pas potable", selon l'Agence nationale de la protection de l'environnement (NEPA). L'absence de système d'épuration et des fuites de fosses septiques polluent les eaux de la sous-surface, causant diarrhées et maladies à ceux qui ne la font pas bouillir avant de la consommer.

Des enfants transportent des bidons d'eau dans une rue de Kaboul, le 25 octobre 2018 en Afghanistan
Des enfants transportent des bidons d'eau dans une rue de Kaboul, le 25 octobre 2018 en Afghanistan ( WAKIL KOHSAR / AFP )

Aussi des projets pour augmenter les connexions au réseau municipal sont-ils en cours, ainsi qu'une campagne pour exhorter la population à ne plus gaspiller l'eau.

Des spots télévisés ont été lancés et les imams ont été sollicités. "Dans nos prêches du vendredi, nous appelons les fidèles à ne pas gaspiller l'eau", indique à l'AFP le mollah Abdul Raouf, membre du Conseil des Oulémas, plus haute institution religieuse du pays.

De fait, les besoins en eau ne cessent d'augmenter. Peuplée de 2 millions d'habitants à la fin des années 80, Kaboul abriterait aujourd'hui plus de 5 millions d'âmes avec l'arrivée de nombreux Afghans fuyant les combats et la misère, et les projections anticipent 8 millions d'habitants d'ici 2050. La consommation d'eau s'est aussi accrue avec des usages nouveaux: plus de douches, plus de lavage de voitures...

Rechargement artificiel à l'étude

Mohammad Nazir, 50 ans, militaire dans l'armée de l'air afghane, habite sur les hauteurs de Kaboul et descend tous les jours jusqu'à la mosquée du quartier Karta-i-Shaki remplir des jerricans d'eau potable. "Rien ne sert d'ouvrir les robinets, il n'y a pas d'eau chez nous", se lamente-t-il. "C'est la pire année qu'on ait vécue".

Dans d'autres quartiers de la ville, 432 pompes publiques alimentent les besoins en eau des habitations alentour. Généralement, les enfants sont chargés de la corvée d'aller chercher de l'eau.

Un Afghan remplit d'eau des bouteilles en plastique au robinet d'une citerne, le 25 octobre 2018 à Kaboul
Un Afghan remplit d'eau des bouteilles en plastique au robinet d'une citerne, le 25 octobre 2018 à Kaboul ( WAKIL KOHSAR / AFP )

Alors que de probables sécheresses à répétition sont à attendre du réchauffement climatique, des solutions de rechargement artificiel des nappes phréatiques sont à l'étude.

Le KMARP, qui doit rendre ses conclusions en 2020, cherche à déterminer où construire dans Kaboul de grands bassins à ciel ouvert pour stocker l'eau de pluie, afin de la faire ensuite ruisseler dans les nappes souterraines, explique Shanny Campbell, directrice adjointe de l'antenne afghane de la Banque asiatique de développement (ADB), qui finance ces recherches pour le compte du ministère de l'Eau et de l'Energie afghan.

Il est même envisagé "d'utiliser des pompes pour injecter l'eau directement dans le sous-sol", si nécessaire.

Un barrage ?

La construction d'un barrage aux abords de la ville est également étudiée mais cela "prend plus de temps et coûte plus d'argent", indique Mme Campbell. "Nous sommes dans une situation de stress hydrique et cherchons une solution à moindre impact et à moindre coût qui pourrait résoudre rapidement le problème".

En attendant le début des travaux, les Kaboulis se tournent vers les cieux pour implorer de la neige cet hiver et une fonte lente pour recharger les nappes phréatiques.

"Nous prions Dieu pour que cette sécheresse prenne fin le plus tôt possible", dit le mollah Raouf. Même les talibans ont appelé dans un communiqué à "prier pour la pluie".

Devant la foreuse, Baz Kochi ne cache pas son soulagement en voyant l'eau jaillir. Mais il sait que la réserve pourrait de nouveau se tarir.

"Cette maison a été construite par mes aïeux, j'y ai toujours vécu, sous l'occupation soviétique, sous le régime taliban. Mais si l'eau vient à manquer, je devrai partir", dit ce père de famille de 47 ans. "Sans eau, il n'y a pas de vie possible".

lab-mam-emh-us/ahe/ak

 ■

Copyright © 2019 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

RETROUVEZ LES WEBINAIRES BOURSE DIRECT

Les Turbos Call, du levier à la hausse pour votre portefeuille
Lundi 28 janvier de 12h30 à 13h30

Les SCPI, un produit incontournable dans la conjoncture actuelle ?
Vendredi 1er février de 12h15 à 13h00

Protéger son portefeuille avec les Turbos Put
Lundi 11 février de 12h30 à 13h00

Tradez sur le CAC 40 avec du levier
Lundi 18 février de 12h15 à 13h00

CONTENUS SPONSORISÉS
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 18/01/2019

(ILLUSTRATION) La présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi et le président américain Donald Trump sont engagés dans un bras de fer depuis plus de trois semaines (…

Publié le 18/01/2019

Intervention des secours après l'attentat à la voiture piégée à Bogota le 17 janvier 2019 ( JUAN BARRETO / AFP )Un attentat à la voiture piégée a fait 10 morts et…

Publié le 17/01/2019

Le vice-président américain Mike Pence et son épouse Karen, le 12 novembre 2018 à Tokyo ( Kazuhiro NOGI / AFP/Archives )A la page 11 du formulaire de candidature de l'école chrétienne…

Publié le 17/01/2019

Le leader du Parti travailliste Jeremy Corbyn fait un clin d'oeil à un collègue lors d'un meeting politique à Hastings le 17 janvier 2019 ( Ben STANSALL / AFP )Ils se sentent trahis ou…

Publié le 17/01/2019

Le Premier ministre Édouard Philippe lors d'une réunion interministérielle sur le Brexit le 17 janvier 2019 à Matignon. ( JACQUES DEMARTHON / AFP )C'est la conséquence du rejet de l'accord…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 17/01/2019

5 prix lors des European Contact Center & Customer Service Awards (ECCCSA) dans 4 pays européens...

Publié le 17/01/2019

Martha Bejar, experte américaine dans le domaine des logiciels, est nommée en tant qu'administratrice indépendante de Neopost Paris, le 17 janvier 2019 Neopost, leader…

Publié le 17/01/2019

Fee et Covage ont signé le 17 janvier 2019 un partenariat qui permettra à Free de proposer son offre de Fibre optique sur les Réseaux d’Initiative Publique (RIP) dans les territoires couverts par…

Publié le 17/01/2019

Fnac Darty annonce être en négociations exclusives avec le Groupe Lagardère, en vue de l’acquisition de Billetreduc.com par sa filiale France Billet, spécialiste de la billetterie culturelle et…

Publié le 17/01/2019

Compagnie des Alpes vient de réaliser son point d’activité au titre de son premier trimestre de l’exercice 2018-2019. Ainsi, l’exploitant de domaines skiables et de parcs à thèmes a publié…