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Affaire Grégory: Murielle Bolle et son cousin campent sur leurs positions

| AFP | 306 | Aucun vote sur cette news
Grégory Villemin le 24 juin 1984
Grégory Villemin le 24 juin 1984 ( - / AFP/Archives )

La confrontation devant la justice n'a en rien infléchi leurs positions: Murielle et l'un de ses cousins, dont le témoignage a été déterminant dans son incarcération fin juin, ont chacun maintenu vendredi leur version de la soirée du 5 novembre 1984, un tournant de l'affaire Grégory.

Le face-à-face des deux cousins à Dijon tournait autour d'une question centrale: celle qui avait 15 ans à l'époque a-t-elle subi "un lynchage" infligé par sa famille ce soir-là, entraînant la rétractation de son témoignage incriminant son beau-frère Bernard Laroche?

C'est ce qu'a continué d'affirmer vendredi ce cousin de 54 ans, contrant les dénégations de Murielle Bolle, qui "s'est beaucoup exprimée" vendredi alors qu'elle parle peu d'ordinaire, selon Me Christophe Ballorin, l'un de ses avocats.

Les multiples rebondissements de l'affaire Gregory
Les multiples rebondissements de l'affaire Gregory ( Sabrina BLANCHARD / AFP )

Chacun est resté "sur ses positions", a résumé le procureur général Jean-Jacques Bosc, ajoutant toutefois que le témoignage du cousin lui paraissait "crédible par rapport à d'autres éléments du dossier".

"Ce n'est pas une affaire qui se réglera du jour au lendemain; c'est une affaire complexe", a-t-il ajouté. "Les gendarmes poursuivent les investigations" et "d'autres auditions vont avoir lieu", a promis le magistrat lors d'une courte conférence de presse.

"Les deux discours ne concordent pas. Donc, de ce côté-là, on n'a pas beaucoup avancé", a reconnu un autre avocat de Murielle Bolle, Me Jean-Paul Teissonnière. Mais, au cours de la confrontation, "il est apparu qu'aucune violence n'a pu intervenir" avant la rétraction de sa cliente en 1984, a-t-il affirmé.

- "Contradictions dans les dates" -

Murielle Bolle (d) arrive en voiture escortée par des gendarmes à la cour d'appel de Dijon, le 28 juillet 2017
Murielle Bolle (d) arrive en voiture escortée par des gendarmes à la cour d'appel de Dijon, le 28 juillet 2017 ( JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP )

"Au-delà de la question de la bonne foi ou de sa mauvaise foi (...), il y a des contradiction dans les dates" dans le discours du cousin de Murielle Bolle, a ajouté Me Teissonnière.

En 1984, les premières déclarations de l'adolescente n'avaient pas convaincu et elle avait fini par dire aux gendarmes qu'elle se trouvait dans la voiture de son beau-frère, passé prendre le petit Grégory Villemin le 16 octobre 1984, jour de sa mort, avant de le déposer, pensait-elle, chez des amis des parents de l'enfant.

Le 5 novembre 1984, Murielle Bolle avait répété ces déclarations devant le juge d'instruction, qui décidait en conséquence d'inculper et écrouer Bernard Laroche. Mais le lendemain, après une nuit en famille, elle était revenue avec sa mère pour se rétracter, disant avoir parlé sous la contrainte des gendarmes.

Si les enquêteurs considéraient déjà que Murielle Bolle avait été "malmenée" par sa famille, le cousin ajoute un détail nouveau: il aurait reçu ce soir-là les confidences de sa cousine, lui avouant avoir bel et bien assisté à l'enlèvement et que Bernard Laroche aurait remis l'enfant à deux personnes.

Me Jean-Christophe Tymoczko, l'avocat du cousin de Murielle Bolle, à son arrivée à la cour d'appel de Dijon, le 28 juillet 2017
Me Jean-Christophe Tymoczko, l'avocat du cousin de Murielle Bolle, à son arrivée à la cour d'appel de Dijon, le 28 juillet 2017 ( JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP )

"On a l'impression que c'est un recyclage d'informations tirées des médias", a asséné vendredi Me Ballorin, rappelant que le témoignage du cousin était arrivé après l'interpellation à la mi-juin de Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, mis en examen pour enlèvement et séquestration suivis de mort.

- "Parole contre parole" -

"On est parole contre parole", a rétorqué Me Jean-Christophe Tymoczko, qui représente le cousin, ajoutant que son client avait "réitéré l'ensemble de ses déclarations" et apporté "quelques détails qu'il n'avait pas donnés jusqu'à maintenant".

Murielle Bolle, 48 ans, a été mise en examen fin juin pour enlèvement suivi de mort et placée en détention provisoire.

Vendredi, dans le bureau de la présidente de la chambre de l'instruction de Dijon, Claire Barbier, elle n'aurait "même pas reconnu" son cousin selon ses avocats, qui estiment avoir démontré qu'un autre détail du témoignage de ce parent était faux: la présence lors de la soirée du 5 novembre 1984 d'un avocat, Me Paul Prompt, aujourd'hui décédé.

Dans son arrêt de 1993 innocentant Christine Villemin, la mère de Grégory, la cour d'appel de Dijon avait écarté toute "intention criminelle" de Murielle Bolle, quand bien même elle aurait "facilité" l'enlèvement de l'enfant de 4 ans en accompagnant son beau-frère, estimant "impossible" de l'inculper en l'état".

Après cette confrontation qui "s'est très bien déroulée pour Murielle Bolle", selon Me Ballorin, ses avocats vont désormais plaider sa remise en liberté sous contrôle judiciaire, le 4 août, devant la chambre de l'instruction de Dijon.

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