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Affaire Grégory: Jacqueline Jacob autorisée à rentrer chez elle

| AFP | 327 | Aucun vote sur cette news
La maison de Marcel et Jacqueline Jacob à Aumontzey, le 14 juin 2017
La maison de Marcel et Jacqueline Jacob à Aumontzey, le 14 juin 2017 ( Patrick HERTZOG / AFP/Archives )

Trois jours après son audition par la juge, Jacqueline Jacob, mise en examen pour le rapt suivi de la mort du petit Grégory en 1984, a été autorisée lundi à rentrer chez elle mais ne peut toujours pas entrer en contact avec son mari, également suspecté.

Selon Me Frédéric Berna, l'un de ses avocats, cette décision constitue "un premier pas" vers sa mise hors de cause. Il y voit "le signe que la chambre de l'instruction prend en considération les éléments martelés par la défense", notamment "l'alibi" des époux Jacob: pour lui, il est prouvé que le couple était au travail au moment des faits.

Mme Jacob est "très soulagée" et regagnera son domicile dans les prochains jours, a poursuivi le conseil, précisant que sa cliente avait aussi l'interdiction de parler à la presse et d'entrer en contact avec les autres protagonistes du dossier.

L'arrestation à la mi-juin des époux Jacob, jamais inquiétés auparavant, avait relancé cette affaire qui demeure une énigme depuis que le petit garçon de 4 ans avait été retrouvé en 1984, pieds et poings liés dans les eaux de la Vologne. Brièvement écroués, ils avaient depuis l'obligation de résider séparément et loin de leur domicile. Mme Jacob se trouvait dans le Bas-Rhin.

Les deux septuagénaires sont soupçonnés d'avoir été les "corbeaux" auteurs de plusieurs lettres anonymes, très bien renseignées, et d'être impliqués dans le rapt et la mort de Grégory, dans le cadre d'un "acte collectif" qu'ils contestent.

Mme Jacob demandait pour la seconde fois à rentrer chez elle, après une première décision défavorable pour les deux époux fin octobre, contre laquelle leurs avocats s'étaient pourvus en cassation.

Lundi, le parquet général s'est à nouveau opposé à ce que la suspecte puisse retourner vivre chez elle, au motif que "les investigations se poursuivent" et que son mari "n'a pas encore été entendu" par la juge Claire Barbier. Mais la chambre de l'instruction, cette fois, ne l'a pas suivi.

- Audition de Marcel Jacob -

Marcel Jacob, dont une première audition a été reportée, doit être entendu le 4 décembre, avant de demander à son tour à rentrer chez lui lors d'une audience devant la même chambre, dont la date n'est pas encore fixée.

Les rebondissements de l'affaire Gregory
Les rebondissements de l'affaire Gregory ( Sabrina BLANCHARD / AFP )

"Après cette audition, on aura une modification du contrôle judiciaire" de M. Jacob, "je suis très optimiste", veut désormais croire son avocat, Me Stéphane Giuranna. Selon lui, la modification du contrôle judiciaire de Mme Jacob "était devenue inévitable car de nouveaux témoignages dans le dossier confirment de manière incontestable l'alibi" du couple.

Mais pour l'avocat historique des parents Villemin, Me Thierry Moser, l'alibi des Jacob n'est toujours qu'un "rideau de fumée". "Cette décision ne touche absolument pas au fond, ce n'était pas un débat sur la solidité des éléments à charge contre Jacqueline Jacob", a-t-il rétorqué.

"C'est une modification très partielle du contrôle judiciaire, je considère que la cour a appliqué les règles de droit", a-t-il ajouté, soulignant que Mme Jacob "est une femme de 73 ans", qui de surcroît a été entendue par la magistrate chargée du dossier, ce qui n'était pas encore le cas fin octobre.

La justice a déjà soulevé, depuis longtemps, la question de l'emploi du temps des Jacob le jour des faits.

Dans son arrêt de 1993 innocentant Christine Villemin, la mère de Grégory, la cour d'appel de Dijon avait relevé qu'il n'existait pas "en l'état", à leur encontre, "de présomption suffisantes pour justifier de nouvelles investigations et a fortiori une inculpation".

"A priori ils n'étaient pas disponibles à l'heure du crime mais l'éventualité d'une absence momentanée de leur lieu de travail ne saurait être exclue. L'enquête les concernant a été entreprise trop tardivement pour avoir des chances sérieuses d'aboutir à un résultat incontestable", soulignaient à l'époque les magistrats.

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