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Affaire Grégory: après six mois de séparation, les Jacob autorisés à se retrouver chez eux

| AFP | 601 | Aucun vote sur cette news
Marcel Jacob, mis en examen avec son épouse pour le rapt mortel de leur petit-neveu Grégory en 1984, le 4 décembre 2017 à Dijon
Marcel Jacob, mis en examen avec son épouse pour le rapt mortel de leur petit-neveu Grégory en 1984, le 4 décembre 2017 à Dijon ( PHILIPPE DESMAZES / AFP/Archives )

Après six mois de séparation, les époux Jacob, mis en examen pour le rapt mortel de leur petit-neveu Grégory en 1984, vont pouvoir se retrouver: après Jacqueline fin novembre, la justice a autorisé mercredi son mari Marcel Jacob à rentrer chez lui.

Brièvement écroués en juin, ils avaient été placés sous un strict contrôle judiciaire, avec obligation de résider séparément et loin de leur domicile. M. Jacob se trouvait ainsi en Haute-Marne et son épouse dans le Bas-Rhin.

"Marcel Jacob est autorisé à regagner son domicile à Aumontzey (dans les Vosges) et à entrer en relation avec son épouse. Les autres obligations du contrôle judiciaire sont maintenues", a indiqué mercredi le procureur général de Dijon Jean-Jacques Bosc.

Le 20 novembre, trois jours après avoir été entendue par la juge d'instruction chargée du dossier, Claire Barbier, Jacqueline Jacob, 73 ans, avait déjà été autorisée à rentrer chez elle.

Son époux, 72 ans, a été longuement entendu à son tour début décembre par la magistrate, à laquelle son avocat Stéphane Giuranna avait fourni de nouveaux témoignages confortant - selon lui - son alibi le jour du crime.

Les époux Jacob avaient déjà demandé à rentrer chez eux fin octobre, essuyant un refus de la justice au motif notamment qu'ils devaient être encore entendus séparément.

"J'avais promis à mon client qu'il serait chez lui avant la fin de l'année", s'est félicité Me Giuranna, qui dit vouloir désormais "prouver la totale innocence" de Marcel Jacob.

"Le dossier de l'accusation s'effondre au fur et à mesure des investigations. Aujourd'hui, l'alibi, qui avait déjà été vérifié à l'époque, est de nouveau confirmé, par plus de dix personnes", selon l'avocat.

Les époux sont soupçonnés d'avoir été des "corbeaux" dans une affaire qui foisonne de lettres anonymes, et d'être impliqués dans le rapt et la mort de Grégory Villemin, dans le cadre d'un "acte collectif" qu'ils contestent.

- "Rétro-pédalage"-

Me Giuranna martèle depuis plusieurs mois que le couple se trouvait au travail au moment des faits, et considère que la décision de mercredi "démontre que la justice est en train de rétro-pédaler".

Chronologie de l'affaire Gregory, assassiné en 1984
Chronologie de l'affaire Gregory, assassiné en 1984 ( Sabrina BLANCHARD / AFP )

"L'assouplissement du contrôle judiciaire ne signifie pas qu'il y a un affaiblissement des charges", a rétorqué Thierry Moser, conseil historique des parents Villemin, qui se dit "totalement confiant".

"Nous avons fait un pas important en juin avec les mises en examen. Il s'agit désormais de travailler, de confronter" les éléments de l'enquête. "Je crois très fortement qu'il y aura un procès devant la cour d'assises", a-t-il poursuivi, estimant cependant que les investigations pourraient se prolonger au delà de 2019.

La justice a déjà soulevé la question de l'emploi du temps des Jacob le jour des faits. Dans son arrêt de 1993 innocentant Christine Villemin, la mère de Grégory, la cour d'appel de Dijon avait relevé qu'il n'existait pas "en l'état", à leur encontre, "de présomptions suffisantes pour justifier de nouvelles investigations et a fortiori une inculpation".

"A priori, ils n'étaient pas disponibles à l'heure du crime mais l'éventualité d'une absence momentanée de leur lieu de travail ne saurait être exclue. L'enquête les concernant a été entreprise trop tardivement pour avoir des chances sérieuses d'aboutir à un résultat incontestable", soulignaient à l'époque les magistrats.

Dans ce dossier vieux de 33 ans, une troisième personne, Murielle Bolle, 48 ans, a été mise en examen en juin. Adolescente en 1984, elle avait accusé son beau-frère Bernard Laroche, avant de se rétracter. Jean-Marie Villemin, le père de l'enfant, avait tué ce dernier - son cousin - en 1985.

Les avocats de Mme Bolle ont déposé une requête visant à faire annuler sa mise en examen, assortie d'une question prioritaire de constitutionnalité touchant aux conditions de sa garde à vue en 1984.

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