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La grand-messe nationaliste à Milan gâchée par un scandale autrichien

| AFP | 614 | 1 par 1 internautes
Le chef de la Ligue italienne Matteo Salvini s'exprime devant des militants nationalistes à Milan le 18 mai 2019
Le chef de la Ligue italienne Matteo Salvini s'exprime devant des militants nationalistes à Milan le 18 mai 2019 ( Miguel MEDINA / AFP )

Les partis nationalistes réunis derrière le chef de la Ligue italienne Matteo Salvini samedi à Milan, ont fustigé l'immigration, l'islam et "l'oligarchie" de Bruxelles, à une semaine des élections européennes, une grand-messe toutefois gâchée par un scandale touchant leur allié autrichien.

Considérée par les tenants d'une droite dure comme un modèle à suivre au sein de l'UE, la coalition droite-extrême droite au pouvoir en Autriche a explosé samedi après la diffusion d'une vidéo mettant en cause le vice-chancelier --et chef du Parti de la liberté (FPÖ)-- Heinz-Christian Strache en lien avec la Russie.

L'eurodéputé Harald Vilimsky, tête de liste du FPÖ pour les européennes, a du coup annulé sa venue, et a été remplacé par l'eurodéputé Georg Mayer, qui n'en a pas fait mention et a appelé à "stopper l'immigration de l'Afrique et du Moyen-Orient".

La présidente du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen lors d'une conférence de presse à Milan le 18 mai 2019
La présidente du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen lors d'une conférence de presse à Milan le 18 mai 2019 ( Miguel MEDINA / AFP )

A une semaine du scrutin européen, ce scandale tombe mal pour M. Salvini et sa principale alliée Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (RN) en France.

Devant des dizaines de milliers de ses partisans rassemblés sur la grande place du Duomo, la cathédrale de la ville, le vice-Premier ministre Matteo Salvini s'en est pris comme les orateurs précédents à "l'Europe des élites" et "du passé".

- "Pas de racistes" -

"Sur cette place, il n'y a pas d'extrémistes, il n'y a pas de racistes ou de fascistes", a-t-il lancé, devant une banderole où on pouvait lire "stop aux bureaucrates, banquiers, bien-pensants, embarcations".

"Les extrémistes sont ceux qui ont gouverné l'Europe pendant 20 ans au nom de la pauvreté et de la précarité", a-t-il ajouté face aux bannières bleues de son parti et quelques drapeaux français de militants du RN.

Vraie star de ce rassemblement d'une douzaine de partis de la droite nationaliste, Matteo Salvini a multiplié les références à la religion catholique et aux racines judéo-chrétiennes de l'Europe, brandissant un rosaire et invoquant la Vierge Marie.

La photo de famille a été expédiée en quelques minutes. C'est Matteo Salvini qui a terminé la journée seul sur scène, sous les vivats de ses partisans.

Avant-dernière oratrice de ce grand rassemblement des souverainistes, Marine Le Pen a prêté symboliquement l'hymne français de la Marseillaise à ses alliés en affirmant que "le jour de gloire" des patries était "arrivé".

Elle a fustigé une "oligarchie sans repères", qui veut "la dilution des nations", redit "non" à l'immigration qui "submerge nos pays, met en danger la sécurité de nos peuples, de nos comptes sociaux et nos valeurs de civilisations", dans un discours lui aussi très identitaire.

"Basta islam"

"Basta islam", avait lancé plus tôt le patron du Parti de la liberté néerlandais Geert Wilders. "Les élites politiques à Bruxelles ne méritent plus notre confiance", a-t-il dit, estimant que "l'Europe a besoin de plus de Salvini".

Citée à plusieurs reprises à Milan, comme le président français Emmanuel Macron ou le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, la chancelière allemande Angela Merkel a appelé samedi les responsables politiques à tenir tête aux "courants qui veulent détruire l'Europe", y compris aux "hommes politiques qui sont à vendre", allusion au scandale autrichien.

Les deux ténors Salvini et Le Pen entendent souder l'alliance de ces partis, qui restent cependant divisés sur la discipline budgétaire, la répartition des migrants entrés dans l'UE, ou encore la Russie, dont le RN et la Ligue sont proches, contrairement aux anciens pays communistes.

Leur objectif est de faire du groupe Europe des nations et des libertés (ENL), où siègent déjà la Ligue, le RN, le FPÖ autrichien ou le Vlaams Belang flamand, la troisième force du Parlement européen, une place que convoitent aussi les libéraux de l'ALDE, où pourraient siéger les élus français rangés derrière le président Emmanuel Macron.

Mais ont brillé à Milan par leur absence le Premier ministre national-conservateur hongrois Viktor Orban, qui a promis à M. Salvini d'engager une "coopération" après les élections mais refuse toute alliance avec Mme Le Pen, ainsi que le PiS polonais, en dépit d'un déplacement de M. Salvini à Varsovie en janvier.

Galvanisés en dépit d'une pluie battante, les militants de la Ligue ont fêté leur "capitaine" Matteo Salvini, rêvant déjà à "une nouvelle Europe" à l'instar de Cino Maddaloni, né à Palerme en Sicile, et qui travaille pourtant pour une agence européenne en Allemagne.

Drapeau français au-dessus de sa tête, Dominique Verny, un militant du RN venu d'Antibes, s'est lui félicité que Salvini ait "fait baisser l’immigration" alors que Macron "n’a pas pris le bâton pour la France".

La droite nationaliste aux élections européennes
La droite nationaliste aux élections européennes ( Sabrina BLANCHARD / AFP )

La Ligue est créditée, selon les projections du Parlement européen, de 26 eurodéputés, soit 20 de plus qu'actuellement, le RN passant à 20 élus (+5) et l'AfD à 11 (+10).

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