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A droite ou très à droite ? L'Autriche vote dimanche

| AFP | 256 | Aucun vote sur cette news
Sebastian Kurz, ministre des Affaires étrangères et chef du parti chrétien-démocrate ÖVP et sa compagne Susanne Thier s'apprêtent à voter à Vienne, le 15 octobre 2017
Sebastian Kurz, ministre des Affaires étrangères et chef du parti chrétien-démocrate ÖVP et sa compagne Susanne Thier s'apprêtent à voter à Vienne, le 15 octobre 2017 ( ALEX HALADA / AFP )

Les Autrichiens votaient dimanche à l'occasion de législatives qui pourraient faire du conservateur Sebastian Kurz, 31 ans, le plus jeune dirigeant d'Europe et ouvrir la voie à un retour au gouvernement de l'extrême droite, dont il a embrassé plusieurs thèmes.

Ce scrutin est suivi avec attention dans une Europe exposée à la montée des partis populistes et anti-migrants.

En Autriche, pays de 8,7 millions d'habitants, l'extrême droite eurosceptique est ancrée sur la scène politique depuis plusieurs décennies et elle espérait même, il y a quelques mois, faire élire son chef, Heinz-Christian Strache, au poste de chancelier.

Mais la donne a changé lorsque Sebastian Kurz, actuel ministre des Affaires étrangères, a pris le contrôle, en mai, d'un parti chrétien-démocrate (ÖVP) à bout de souffle et a mis fin à dix années de grande coalition avec les sociaux-démocrates, provoquant des élections anticipées.

Ce jeune homme au visage adolescent est depuis lors le favori des sondages, crédité d'une large avance avec 33% d'intentions de vote.

Les présidents du Parti de la Liberté (FPOe) Heinz-Christian Strache, du Parti social-démocrate (SPOe) Christian Kern et du Parti populaire (OeVP) Sebastian Kurz lors d'un débat à Vienne le 12 octobre 2017
Les présidents du Parti de la Liberté (FPOe) Heinz-Christian Strache, du Parti social-démocrate (SPOe) Christian Kern et du Parti populaire (OeVP) Sebastian Kurz lors d'un débat à Vienne le 12 octobre 2017 ( GEORG HOCHMUTH / APA/AFP/Archives )

Avec une image de modernité, un discours très ferme sur l'immigration, des promesses d'allègements fiscaux, le "Wunderwuzzi" (enfant prodige) de la politique autrichienne a su ranimer la flamme de l'électorat conservateur et en rajeunir la base.

M. Kurz devance dans les intentions de vote, de six à huit points, le chef du FPÖ Heinz-Christian Strache, 48 ans, et le chancelier social-démocrate Christian Kern, 51 ans. De 17 et 20 ans ses aînés, ils sont au coude à coude pour la seconde place.

Quelque 6,4 millions d'électeurs sont appelés aux urnes. Les premières estimations sont attendues à la fermeture des bureaux de vote à 17H00 (15H00 GMT). Un nombre record de 890.000 bulletins de vote par correspondance ont été distribués, dont le dépouillement, à partir de lundi, pourrait être décisif en cas de résultats serrés.

- Le tollé de 2000 -

Crédité d'environ 25% d'intentions de vote, le FPÖ pourrait renouer avec le score historique réalisé en 1999 par Jörg Haider, le prédécesseur et mentor de M. Strache. Le parti était alors entré au gouvernement au côté des conservateurs, entraînant des sanctions européennes, scénario aujourd'hui peu probable.

Parlement autrichien
Parlement autrichien ( Thomas SAINT-CRICQ / AFP )

Si M. Kurz n'a exclu aucun scénario, une coalition avec le FPÖ est considérée comme l'hypothèse la plus probable.

"Je ne suis pas sure que le pays ait besoin de grands changements", confiait pourtant Tina Ernest, dans un bureau de vote dimanche. "En Autriche, nous vivons toujours au paradis", ajoutait cette électrice à propos de ce pays prospère, un des plus riches de l'UE, mais insécurisé par la crise migratoire.

Lors de la présidentielle l'an passé, les sociaux-démocrates et l'ÖVP avaient été éliminés dès le premier tour, du jamais vu. Le candidat d'extrême droite Norbert Hofer s'était incliné de peu au second tour face à l'écologiste libéral Alexander Van der Bellen.

Le chancelier autrichien Christian Kern et son épouse Eveline Steinberger-Kern votent à Vienne, le 15 octobre 2017
Le chancelier autrichien Christian Kern et son épouse Eveline Steinberger-Kern votent à Vienne, le 15 octobre 2017 ( VLADIMIR SIMICEK / AFP )

Nommé à la chancellerie en mai 2016 à la suite de cette bérézina, Christian Kern, issu du monde de l'entreprise, a vu ses efforts pour moderniser l'image des sociaux-démocrates faire long feu.

Il s'est efforcé ces dernières semaines de renouer avec les fondamentaux de son parti, notamment la protection sociale et la redistribution.

- Coût des réfugiés -

Comme le chef des sociaux-démocrates allemands Martin Schulz, M. Kern a indiqué que le SPÖ siégerait dans l'opposition en cas de défaite. Mais il pourrait lui-même être contesté au sein du parti, dont une aile ne serait pas hostile à une coalition avec M. Kurz, voire avec l'extrême droite.

Le FPÖ : une extrême droite aux racines
Le FPÖ : une extrême droite aux racines "brunes" et libérales ( Thomas SAINT-CRICQ, Sophie RAMIS / AFP )

L'Autriche est un des pays d'Europe à avoir accueilli en deux ans le plus de migrants au regard de sa population (1,5%), alimentant les débats sur le coût des prestations et sur la capacité d'intégration des nouveaux venus.

Une alliance entre M. Kurz et M. Strache pourrait infléchir la ligne jusqu'à présent très europhile du pays, le FPÖ prônant notamment un rapprochement avec le groupe de Visegrad, comprenant des pays comme la Pologne et la Hongrie qui multiplient les bras de fer avec Bruxelles.

"Le FPÖ comme partenaire de gouvernement ne ferait pas bonne impression en Europe et M. Kurz est conscient de ça, commente le quotidien conservateur Standard dans son édition dominicale. Mais la question est de savoir s'il y aura moyen de faire sans lui après l'élection".

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