Fin de journée agitée sur les marchés, Paris efface ses gains
(Zonebourse.com) - Après avoir évolué en territoire positif toute au long de la séance, s'adjugeant jusqu'à 1%, le CAC 40 a subi un brutal retournement en fin d'après-midi. Au gong final, l'indice parisien conclut la journée sur un gain anecdotique de 0,05%, à 8 203 points et fait mieux que le DAX (-0,8%) et le Footsie (-1,27%).
Jusqu'au milieu d'après-midi, les marchés européens semblaient portés par les espoirs d'accalmie au Moyen-Orient. Donald Trump avait en effet assuré que ses équipes menaient d'"ultimes efforts" pour conclure un accord de paix avec la République islamique. Même le communiqué du ministère de la Défense iranien, indiquant vouloir poursuivre "avec plus de vigueur et de rapidité, la production et le développement des équipements, armements et systèmes requis par les forces armées", n'avait pas entamé l'optimisme des marchés.
Les cours du pétrole sont d'ailleurs en net repli avec un Brent de la mer du Nord qui lâche 3,5%, vers 90,9 USD le baril, tandis que le WTI concède 4,2% à 87,5 USD.
Il faut dire que les membres de l'OPEP ont annoncé dimanche une 4e hausse consécutive de leurs quotas, de 188 000 b/j pour juillet. Néanmoins, Frédéric Lorec, analyste pétrole chez AlphaValue, rappelle que la production effective du cartel est passée de 42,77 Mb/j en février à 33,19 millions de barils par jour en avril, soit un déficit de 9,6 Mb/j directement imputable à la fermeture du détroit.
"Ils n'ont pas produit plus ; ils ont produit massivement moins. Annoncer des barils supplémentaires dans ce contexte relève de la pure communication. Le détroit étant fermé, ces barils n'atteindront pas le marché", souligne le spécialiste.
Trou d'air à New York, turbulences à Paris
Le retournement de fin de journée semble plutôt lié au fort décrochage du Nasdaq-100 qui abandonne 1,8% depuis l'ouverture. Les "Mag 7" sont particulièrement attaquées avec -3,5% pour Tesla et Apple, -2% pour Microsoft et Nvidia ou encore -1,2% pour Amazon.
En France, l'indice parisien parvient à garder la tête hors de l'eau grâce au renfort d'EssilorLuxottica ( 3,78%) et des valeurs du luxe à l'instar de Kering ( 2,49%), LVMH ( 2,04%) ou encore Hermès ( 1,34%), le secteur profitant visiblement des espoirs d'accalmie au Moyen-Orient, l'un de ses marchés de prédilection.
En revanche, le secteur des sem-conducteurs est en perte de vitesse avec STMicro (-5,85%) ou encore Soitec qui abandonne 10,42%, encore victime de dégagements après la hausse à trois chiffres du titre depuis le début de l'année. A noter, également les forts replis de Siemens Energy (-5,92%) et Infineon (-3,30%), lanternes rouges de l'indice Euro Stoxx 50.
Le rendez-vous de la BCE en ligne de mire
Les marchés s'attendent désormais à voir la Banque centrale européenne (BCE) remonter ses taux directeurs de 25 points de base ce jeudi, portant le taux de dépôt à 2,25%, soit son niveau d'il y a un an presque jour pour jour.
En effet, l'inflation globale des prix à la consommation a atteint 3,2% sur un an en mai, contre 3% en avril, et reste nettement supérieure à la cible de 2%.
"Cette décision est largement intégrée par les marchés, qui ont considérablement revu à la hausse leurs anticipations de resserrement monétaire ces deux derniers mois", note Kevin Thozet, membre du comité d'investissement de Carmignac.
Chez Franklin Templeton, on anticipe aussi une seconde hausse en septembre. "La BCE doit agir avec davantage de fermeté pour contenir les pressions inflationnistes sous-jacentes ainsi que leurs effets de second tour, et nous pensons qu'elle le fera", indique David Zahn, responsable de la gestion obligataire européenne.
Des statistiques à digérer
Sur le front des statistiques macroéconomiques, la production industrielle de l'Allemagne en volume a augmenté de 0,4% entre mars et avril, selon l'Office fédéral de la statistique (Destatis), après avoir reculé de 0,1% entre février et mars.
Outre-Atlantique, le déficit de la balance commerciale américaine s'est réduit plus qu'attendu au mois d'avril. Il s'est établi à 55,90 milliards de dollars, contre une prévision de 56,20 milliards de dollars et 56,60 milliards de dollars en mars.
Par ailleurs, les ventes de logements existants se sont élevées à 4,17 millions d'unités au mois de mai ( 3,2%), après 4,04 millions en avril, données révisées à la hausse de 4,02 millions. Les analystes tablaient sur une progression moins importante à 4,07 millions d'unités.
Enfin, les stocks de grossistes ont progressé de 0,6% au mois d'avril contre une hausse de 1,3% en mars. Ils étaient attendus en progression de 0,5%.
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source : AOF
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